dimanche, novembre 30, 2008

Défi Raid Up Overnight 2008 – Une balise trop loin

Quand : Samedi 8 et Dimanche 9 novembre 2008

Où : Forêt de Rambouillet

Quoi : Course d'Orientation par équipe de 2, Running-VTT - 130km – 17h

Résultat : Scratch 17° sur 24 équipes, 2° équipe mixte sur 3, -325 pts


L’avantage de partir loin pour un trail comme le Grand Raid de La Réunion (GRR), c’est qu’on s’organise toujours 10 jours de vraies vacances pour se reposer. L’inconvénient c’est d’être entouré de fous furieux qui ont toujours la mauvaise idée de prolonger le programme.


Alors que j’avais prévu un mois complet de repos après cette longue saison trail, Aurélie (Chasles) me propose 15 jours après le GRR un Raid CO organisée par la superbe asso Francilienne Raid’Up. Son chéri étant bénévole sur l’épreuve, j’ai la chance de faire partie de la sélèction !


Le samedi soir je pars à la recherche des Etangs de Hollande, où je dois rejoindre Aurélie et Matthieu, et où nous déposons les vélos. Déjà à la bourre ! Nous repartons ensemble vers le départ au Chateau de Thoiry.

Nous nous inscrivons, avalons un dernier diner, et participons à la première épreuve surprise de sarbacane qui doit définir l'ordre des départs des équipes toutes les 30 secondes.


A 23h, les équipes sont appelées dans l'orde de départ. Aurélie a cartonné et largement compensé mon faible score à la sarbacane : nous partons dans les dix premiers.


La section 1 est une petite boucle d'un dizaine de balise où la recherche se fait trés collectivement, mais où des écarts commencent à se former. Aurélie souhaite prendre en main l'orientation et semble trés à l'aisedans cet exercice en dépit d'une faible expérience. Nous finissions ce tour au même rang qu'au départ.


De retour au point de départ, nous enchainons sur la section 2, un suivi de roadbook pour rejoindre une autre CO. Aurélie toujours aussi à l'aise, interprète le roadbook et le compare au terrain rencontré tout en courant. La troisème section est composée de balises assez faciles à trouver le long du parcours. Pourtant nous chercherons à queluqes autres équipes la #38, visiblement enlevée. Les sections 4 et 5 en revanche sont largement plus compliquées, avec des balises dans les bois où la recherche en azimut s'avère parfois impossible pour nous. Nous perdons parfois un peu de temps, mais ne nous éternisons jamais lorsque nous ne trouvons rien. A l'approche du CP Sud facultatif, avec ses 5 balises pleines de points bonus, nous sommes persuadé avec une autre équipe que nous avons largement le temps de les faire, puis de pointer dans les temps à la première barrière horairede 5h. Il est alors envrion 3h du matin. Nous faisons spontanément course commune à quatre, trouvons 4 balises sur les 5, et j'ai le bas des jambes en feu et pleines d'épines des ronces que nous rencontrons dans les bois. Les bénévoles nous annoncent que nous sommes 8 équipes sur les 24 à avoir fait cette boucle. Il est 4h. Il va falloir foncer maintenant pour atteindre la barrière horaire sans pénalités !Par acquis de conscience nous passons par le PC Nord facutatif également, mais nous n'y trouvons personnes.


En dépit du fait que nous ne recherchons plus les balises, et ne pointons que celles qui se présentent presque spontanément sur notre trajet, nous pointons avec 35' de retard, et avec 15 points de pénalités par minute (versus 10 à 20 points par balise), la messe est dite. Notre ambition est maintenant de terminer cette course, en se faisant plaisir à ramasser le plus de balises possibe. Et si possible en comblant notre retard sur lesprochaines barrières. Nous sommes en dernière position d'un point de vue horaire, mais on nous laisse continuer. Il pleut des cordes, il fait froid, je grelotte et claque des dents. Je me dis que si Aurélie veut abandonner, je ne m'y opposerais vraiment pas ... mais il n'en sera jamais question !


La section 6 est un trail d'orientation qui permet de prendre un rythme de course à pied régulier. Aurélie en dépit de contractures douloureuses qui lui donne une allure de course à pied un peu raide continue à progresser à un bon rythme autour de 8 à 10km/h. Nous rattrapons les dernières équipes qui nous ont passé à la faveur du PC Sud. Au petit jour nous atteigons enfin les Etangs de Hollande pour entamer la partie VTT du raid. Ici la barrière horaire est de 11h, nous n'avons plus que 18' de retard. Nous y retrouvons Laurent qui anime avec maestro le ravito, et quelques équipes rescapées. Egalement une des trois équipes mixtes qui va abandonner ici sur blessure. Nous prenons le temps de bien nous ravitailler, car la partie VTT est encore longue, et va durerencore près de 6h.


La section 8 ayant sauté pour cause d'inondations, nous entamons la 9 en VTT orientation. Aurélie est toujours aussi alerte en orientation en VTT qu'en CAP. Ca nous fait drôlement du bien de passer de la course au vélo. Aurélie semble de plus en plus en forme. Moi en revanche j'accuse vraiment le coup. La fin de saison est rude. Les 15 jours qui me séparent du GRR semblent ridicules. Nous atteignons une clairière où une course CO est proposée. Le tout est de la finir avant 12h. Et là Aurélie en veut toujours plus, là où moi je commence sérieusement à ronchonner. Nous partions pour faire 2 ou 3 balises, elle m'entraine jusqu'à la cinquième !


Section 13, nous reprenons les VTT en orientation. Nous faisons sauter la section Bike & Run pour arriver avant 16h à l'arrivée. Autant Aurélie à l'air de plus en plus en forme, c'est épuisé que je vois l'arrivée sur le chateau de Thoiry où Matthieu nous attend.16h09, nous avons limité les dégats.


Aurélie m'aura fait une superbe impression. Un mental indestructible, une énôrme volonté, un vrai talent en orientation, et une véritable capacité à transmettre son enthousiasme. Je pense que nous sommes améné à refaire quelques sorties CO supplémentaires.


Quand à l'organisation du Défi Raid Up, depuis ma première participation en 2005, où j'avais fais la connaissance de Laurent et d'Hervé, il se bonifie année après année et frise la perfection. Organisation impeccable, mise en danger permanente avec un format et des sites nouveaux. Quel dommage pour eux que la fête soit gachée par des vols de balises d'autant plus idiots que ces larcins ne doivent trés certainement bénéficier à personne.


La fête est belle, et il est fort probable que nous remettions ça pour le Raid28. A suivre ...



Dépression sportive chronique : un mal pour un bien

Le sujet est toujours un peu tabou. Comme tout ce qui touche aux faiblesses de l'homme. Et à fortiori pour ceux censés être au top de leur forme, représenter l'apogée de leur réussite. Cadres sup, dirigeants, jeunes, sportifs. Et pourtant ce mal ronge potentiellement tout le monde de façon chronique.

Pour le sportif deux cas de figure se présentent de manière chronique : juste après un grand évènement objectif d'une saison, et à la fin de la saison elle-même.

Le premier cas était évoqué par Corinne Peirano dans le forum d'Ultrafondus : "J'impute ce phénomène en partie aux productions opiacées dues à l'effort (endorphines, enképhalines, morphines endogènes...) qui s'amenuisent après un ultra laissant ce sentiment de grand vide. Il faut ajouter la fatigue due à la dépense physique : on donne tout et pendant de nombreuses heures, le manque de sommeil également, le retour au quotidien pas facile parfois..."

Dans le cas d'un fin de saison les mêmes symptômes apparaissent mais de façon accrue puisqu'il s'agit en général d'une période de repos d'au moins un mois. Productions endogènes au plus faible, manque d'objectifs à court et moyen terme permettent un relachement totale de la tension qui permettait de garder un rythme d'entrainement élevé, et une concentration psychologique tourné vers la réussite des objetifs. De plus un poids en augmentation, une masse musculaire qui chute, un affutage en berne retournent une image trés différente, et ce en mons de tois ou quatre semaine. Tous ces facteurs font qu'une véritable dépression apparait : manque d'envie pour sortir, dévalorisation de soi, peu d'entrain à la socialisation, finalement les symptômes de la dépression du sportif ne diffère en rien de celles aux origines diverses (famille, carrière, santé).

En rien sauf sur un point : la sorie de crise est plannifiable facilement. Se fixer de nouveaux objectifs pour 2009, un nouveau programme d'entrainement avec de grands blocs de progression, des sorties off avec des amis. Et la machine repart. Une relance douce et tranquille le temps de retrouver ses repères.

L'année 2008 a été pour moi extrêmement dense, riche, et satisfaisante. Un nombre d'évènements importants (Cham-Zermatt, GR20, Annecime, Défi Raid-up, Raid Dentelles-Ventoux, etc ...), et trois objectifs principaux (Transpyrénéenne, Petite Trotte à Léon, Diagonale des Fous) ont ponctué la saison. Je suis satisfait d'avoir tout terminé, exception de la Transpyrénéenne reconduite en 2009 comme objectif principal.

Mais maintenant je suis dans cette phase délicate où tout en reconstruisant 2009, je subit de plein fouet cette déprime chronique, prévisible et pourtant inévitable. La période hivernale (peu de lumière, jours courts, temps maussade) n'aide pas.
Elle est cependant nécessaire, pour se poser, physiquement et psychologiquement. C'est le temps nécessaire des remises en cause (en ai je trop fait, qu'est ce que je peut changer dans mes entrainements), et des rêves (stratégies de course, nouveaux défis).

Le programme n'est pas encore figé, mais il se cristallisera autour de la Transpy2009. A suivre ...

Et vous quel(s) expérience(s) avez vous de cette période dépréssive chronique ?